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23 Jan

interne infrastructure (atelier n°5)

Publié par Raphaële


179.jpg

Je suis allongée et j'ai les jambes écartées et je ne sais pas. Vraiment, je ne sais pas ce que tu fabriques. 

Je sens bien que tu trémousses et que tu mousses. Mais, là non, ça vient pas. Attends, attends. Je crois que. Mais non. Pourtant, je l'ai bien programmé. Je m'en suis occupée avant le déjeuner. J'ai basculé les aiguilles sur 22h43 et je me suis dit :

« Oh ! Je sens, je sens, oui je sens que 22h43 est l'heure exacte à laquelle tu vas. Enfin,  je veux dire, c'est l'heure exacte et entière à laquelle mon existence furieuse va se tordre, s'éclipser, me couper, forcer mon diapason et couler d'une ligne, couler une ligne directe vers l'extérieur de la caverne.
Enfin, je m'étais dit ça mais je l'avoue, c'était bien avant l'heure du déjeuner. Depuis beaucoup d'heures ont passé. J'ai vécu quelques va-et-vient sans horizon et je regarde un homme passer à cheval et je me dis illico, je me dis "motus, suce, plus prépuce, lutte et rue mon russe, monte et descend l'intrus, lit le trou  Barberousse, pater pousse mon utérus et ne t'efface pas dans la puissance déterminante de mon muscle !"
»

Je disais que je suis allongée et j'ai les jambes écartées et je sens lorsque je renifle. Je sens à mon tour le parfum incompris et ma sueur comme un fétu de paille. Ma sueur foetus... mais je m'égare et je m'effraye. Presque. Presque seulement parce que je ne suis pas du genre à m'effrayer beaucoup de frôler quelques nuages alentours. Je m'effraye néanmoins que tu t'égares dans mon interne infrastructure dans laquelle je ne maîtrise plus rien : ni mes regards, ni mon intime, ni la palpitation de la membrane, ni le flot de cette eau épaisse, ni le noeud bien emballé dans sa pochette plastique - et non surprise. Je ne m'effraye pas du tout en fait et je t'empoche, je t'incube, succube, en train, intra. Extra !


(photo Gilbert Garcin. Voir site Internet dans les Liens)

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4 consonnes 4 voyelles 25/01/2008 11:52

et l'on en dit et l'on en écrit, et l'on tente encore et l'on en bave et l'on soupire et l'on en soupe encore et toujours rien n'est vraiment dit, rien n'est révélé, tout reste encore "inarticulé" et totalement échevelé !

Blog-trotter 23/01/2008 19:08

Ce corps à corps avec les mots -dans lequel se glisse une danse intime des maux- m'a cloué devant mon écran quelques minutes. Une audacieuse tentative pour se confronter à cet écheveau qu'est l'inconscient ...Quel effort surtout pour amener ce langage de "l'atelier" aux ténèbres afin de le faire coïncider avec l'inarticulé. J'en suis bien incapable, en y réfléchissant un peu.

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